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Biographie Defumade

Qui était Defumade Jean-Baptiste, Alphonse, Aimable ?


Fortune, longévité politique, agriculture, générosité, ces quelques mots condensent la carrière d’Alphonse Defumade. Il ne fut certes pas une gloire nationale, mais l’un des personnages les plus marquants de la vie politique creusoise de la troisième république.

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Buste de Defumade en façade du premier bâtiment


Alphonse Defumade naquit Quai de Montebello à Paris, le 4 janvier 1844, où son père Jean-Baptiste, unique descendant d’une famille bourgeoise d’Ahun, achevait ses études d’avocat. Sa mère Stéphanie Carlot, était la fille d’un entrepreneur de peinture qui possédait des immeubles et d’importants terrains dans la capitale, qui seront acquis par la Compagnie d’Orléans, sans doute contre des actions.


Lui aussi fils unique, Alphonse fit ses études au collège des Maristes de Montluçon, puis à Paris où il obtint à son tour le titre d’avocat, il y fréquentait les milieux républicains. Il fut dispensé du service militaire.


Son père qui faisait valoir les propriétés familiales qu’il avait considérablement agrandies, avait été nommé Juge de Paix du canton d’Ahun, mais faisait désormais de l’opposition au régime impérial. Ne pouvant se présenter lui-même, en raison de ses fonctions, aux élections cantonales de juin 1870, il poussa son jeune fils à le faire contre le candidat officiel, l’avocat Sylvain Lasnier qui, distancé au premier tour, abandonna la compétition. Désormais, et jusqu’à son décès, soit pendant 53 ans, Alphonse Defumade toujours élu sans concurrent, représentera son canton au Conseil Général. C’est aussi en 1870 qu’il épousa Thérèse Martin, fille unique d’un très riche avocat de Saint-Vaury et ferme opposant à l’Empire.


En 1872, Alphonse Defumade participa avec Edmond Fayolle, Paul Laroche et quelques autres, à la fondation de La Creuse Républicaine, plus modéré que le vieil Echo de la Creuse. Dans les années 1880, le jeune fortuné se consacra au monde agricole, présidant le Comice Agricole de Guéret, reconstituant localement la Société Centrale d’Agriculture, fondant de nombreux syndicats agricoles communaux.


Désormais connu, il pouvait songer à une carrière parlementaire, et en 1889 il affronta le député radical de Guéret Auguste Lacôte, candidat républicain sans épithète. Ce fut un échec, le nord de la circonscription plus peuplé, ayant massivement voté pour le sortant originaire de Dun. Mais le dédoublement de cette circonscription lui assura un franc succès en 1893, contre Moïse Lacôte, le frère d’Auguste Lacôte. Au cours de la session il se rapprocha des Radicaux, soutint le ministre Bourgeois et s’opposa au cabinet Méline, soupçonné même d’être affilié à la Franc-Maçonnerie par la presse conservatrice du Département. Mais en 1898, l’arrondissement de Guéret ne constitua à nouveau qu’une seule circonscription et il dut encore affronter Auguste Lacôte. A l’issue d’une campagne houleuse, ce fut cependant un troisième homme lui aussi Radical, qui l’emporta à la surprise générale, en la personne d’Oscar Berton, maire révoqué de Crozant. Alphonse Defumade songea alors à sa revanche.


Maire d’Ahun depuis 1900, il devint vice-président du Conseil Général en 1899, à la mort de son beau-père qui en avait la présidence. Pour faire face à La Creuse Radicale d’Oscar Berton, il fonda L’Union Démocratique de la Creuse, en partie rédigée par le poète Louis Mandin. Il créa des sociétés de secours mutuels, il se fit protecteur des cantonniers et des instituteurs qu’il jugeait indispensables à la marche de son département. Il participa à l’organisation dans le département du Parti Radical et Radical-Socialiste, entrant dés 1902 au comité exécutif de cette formation.


Traité de déserteur par les modérés, suspect pourtant aux yeux des avancés, Alphonse Defumade triompha difficilement aux élections de 1902 grâce au maintient de Moïse Lacôte au second tour, Auguste Lacôte étant décédé, faisant du Bloc des Gauches, ayant voté contre les autres parlementaires creusois la séparation des Eglises et de l’Etat.


Toujours très actif dans sa circonscription où sa générosité devenait proverbiale, il devint le « bon géant » de la série des caricatures des politiciens creusois, signée A Bréger. Il fut triomphalement réélu en 1906 contre Oscar Berton et le romancier Antoine Rédier candidat de l’Action Libérale Populaire, étranger au département. En 1907, le décès du sénateur Villard le conduisit tout naturellement à la présidence du Conseil Général et lui ouvrit les portes du Sénat où il fut réélu à l’échéance de1912.


Inscrit à la Gauche Démocratique, il fut un des rares membres de la Haute Assemblée à voter contre la Loi des Trois Ans, concernant le service militaire, mais pendant la guerre de 1914/1918, ses discours d’ouverture des sessions du Conseil Général furent tous imprégnés de patriotisme. Il avait abandonné la mairie d’Ahun en 1908. En 1921, alors qu’il avait commencé sa campagne électorale, sa mauvaise santé le fit renoncer à son mandat de sénateur. Il fut une dernière fois élu conseiller général d’Ahun le 14 mai 1922, se prononçant dans sa circulaire pour l’application ferme du Traité de Versailles, préconisant l’extension de l’enseignement agricole et rappelant son attachement à l’école primaire, aux œuvres périscolaires et au mutualisme.


Le 26 septembre 1923, il posa la première pierre de l’Ecole d’Agriculture qui porte aujourd’hui son nom, établie sur les domaines du Chaussadis et de la Cassière, dont il venait de faire don au Département. En octobre, il fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur, et il mourut à Paris le 18 décembre 1923. Il fut inhumé à Saint-Vaury, aux cotés de sa mère décédée en 1916 et de son épouse décédée en 1917.


Alphonse Defumade n’avait pas d’enfant. Outre les deux domaines déjà cités et des valeurs mobilières, il possédait à son décès : les domaines du Peylet, de Clameyrat, du Chiez et de Chantemille à Ahun ; de La Valette, de Bernage, du Puy des Trois Cornes à Saint-Vaury ; l’immeuble Pinay à Guéret ; une maison importante à Brie Comte Robert ; six immeubles à Paris, dont quatre de construction récente rue d’Assas. Charles Filloux, conseiller général de Saint-Vaury, qui lui succéda à la présidence de l’Assemblée Départementale fut son exécuteur testamentaire.


Parents, amis et serviteurs, reçurent des legs très importants, mais les principaux bénéficiaires du testament, que lésa gravement l’inflation, furent la caisse des écoles du canton d’Ahun et la commune de Saint-Vaury dont le Lycée Professionnel et le Centre Hospitalier Spécialisé sont aujourd’hui installés sur le domaine de La Valette.